Le Touquet Music Beach Festival porte encore la plage dans son nom, mais sa neuvième édition se joue à l’hippodrome du Touquet-Paris-Plage. Les 28 et 29 août 2026, quarante-deux artistes doivent y dessiner un panorama électronique très large, de la hard techno à la trance, en passant par l’afro, la UK garage et plusieurs générations de house.
Pour House Culture, le samedi concentre une affiche presque idéale : Peggy Gou, Chris Stussy, Purple Disco Machine et John Summit racontent quatre façons très différentes d’occuper le centre actuel de la house. Le vendredi offre un symbole plus français : Bob Sinclar en b2b avec sa fille Paloma, entre patrimoine French Touch et transmission familiale.
Le TMB sera réussi si ses grands noms ne forment pas seulement une affiche, mais une conversation entre héritage français, nouveaux grooves et publics voisins.
Une neuvième édition à l’hippodrome
Le site officiel annonce deux journées et quarante-deux artistes. L’hippodrome devient un terrain de festival où plusieurs scènes doivent faire cohabiter des intensités très différentes. Cette variété est une force si la circulation et les horaires permettent de passer d’une esthétique à l’autre sans transformer chaque zone en simple concurrence sonore.
Le TMB n’est plus un petit rendez-vous de bord de mer. Armin van Buuren, Peggy Gou, John Summit ou Purple Disco Machine appartiennent au circuit international des grandes scènes. La programmation conserve cependant des artistes français et européens moins massifs, condition nécessaire pour qu’un festival ne devienne pas seulement un empilement de tournées.
Vendredi 28 août : une journée de contrastes
Armin van Buuren, Lost Frequencies, Nico Moreno, Novah et VTSS donnent au vendredi un axe puissant, partagé entre trance, pop électronique et techno dure. Pour suivre la house, il faudra chercher les respirations : Alex Wann pour les couleurs afro et mélodiques, TSHA pour les breaks et la culture UK, CIEL pour une sélection plus oblique.
Cette journée peut fonctionner comme une traversée plutôt que comme un camp de genre. Lost Frequencies représente une house pop très accessible ; TSHA peut ensuite ramener de la surprise rythmique ; un passage vers les scènes plus dures rendra le retour au groove encore plus perceptible.
Bob Sinclar b2b Paloma : la transmission sous les projecteurs
Le festival annonce un b2b exclusif entre Bob Sinclar et Paloma. L’image du père et de la fille attirera naturellement l’attention, mais le set devra dépasser le symbole. Sinclar possède un catalogue qui va de l’underground parisien à la pop mondiale ; Paloma représente une génération dont les références intègrent afro house, réseaux sociaux et nouveaux formats de festival.
Le meilleur scénario serait un véritable échange plutôt qu’une succession de passages séparés : classiques réinterprétés, disques actuels et surprises capables de montrer ce qui circule entre deux collections. La transmission en house n’a jamais été une copie exacte. Elle fonctionne lorsque les anciens repères deviennent une matière à déplacer.
Samedi 29 août : la house occupe le centre
Peggy Gou, Chris Stussy, Purple Disco Machine et John Summit forment un quatuor révélateur. Gou relie club et pop mondiale ; Stussy défend une house roulante, précise et nourrie par le minimal ; Purple Disco Machine transforme le disco en grande machine à refrains ; Summit travaille l’impact de la tech house et des scènes géantes.
Leur présence le même jour permettra de comparer les méthodes. Tous utilisent un kick régulier, mais pas la même relation à la voix, à la durée ou au spectacle. Suivre plusieurs de ces sets donnera une meilleure définition de la house 2026 qu’un débat abstrait sur l’underground et le mainstream.
Dabeull et la continuité du funk français
Dabeull apporte une autre famille rythmique. Son travail puise dans le funk des années 1980, les synthétiseurs, les basses jouées et une esthétique volontairement sensuelle. Dans une journée électronique, ce choix rappelle que le disco et le boogie nourrissent la house bien avant l’apparition du mot.
Son set peut servir de respiration et de passerelle vers Purple Disco Machine. Là où l’un met en avant le jeu instrumental et le grain rétro, l’autre réorganise le disco pour les formats contemporains. Les écouter à proximité permettra de suivre la transformation d’une même mémoire.
Les artistes à découvrir entre les têtes d’affiche
TSHA n’est déjà plus une inconnue, mais son positionnement reste précieux dans un grand festival : elle peut jouer house, breaks et garage sans perdre la cohérence du set. CIEL., Mary Droppinz et Urumi ouvrent d’autres chemins le vendredi. Le samedi, Sasson b2b Nico de Andrea et Nico Morano représentent le versant mélodique et afro de l’affiche.
Conserver un créneau sans tête d’affiche est souvent le meilleur investissement d’un festival. Une scène moins saturée permet d’écouter le mix, de se rapprocher et de découvrir un artiste sans l’attente créée par des mois de promotion.
Préparer le week-end sans figer son programme
Les horaires détaillés, accès, camping, mobilité et règles du site doivent être vérifiés sur le site officiel. L’hippodrome n’est pas au centre immédiat de toutes les liaisons ; le plan de retour compte autant que le choix du dernier set. Les informations de billetterie peuvent évoluer et ne sont pas garanties ici.
Un planning avec trois priorités par jour suffit. Il doit aussi prévoir les repas, l’eau et les déplacements. Le vendredi sera plus contrasté, le samedi plus directement house : réserver davantage d’énergie à la seconde journée est cohérent pour le lecteur de House Culture.
Ce que l’affiche dit de la France électronique
La French Touch n’est plus le seul récit exportable. Bob Sinclar demeure une figure centrale, mais il partage désormais l’affiche avec des artistes internationaux dont les sons circulent instantanément entre Ibiza, Londres, Berlin, Séoul et les plateformes. Les producteurs français travaillent eux aussi dans ce réseau mondial.
Le TMB montre toutefois que l’héritage local reste actif. Le disco, le funk et le goût français pour la chanson électronique réapparaissent sous des formes nouvelles. La question n’est plus de retrouver 1998, mais de comprendre comment cette mémoire peut dialoguer avec Chris Stussy, TSHA ou Peggy Gou en 2026.
Dix performances à suivre
- Bob Sinclar b2b Paloma — vendredi. Le moment de transmission, à juger sur la qualité du dialogue musical autant que sur le symbole.
- Alex Wann — vendredi. Une house mélodique et afro qui a trouvé sa place dans les grands clubs sans perdre son élégance.
- TSHA — vendredi. Pour les ruptures rythmiques, la culture UK et une sélection capable d’éviter les lignes droites.
- Lost Frequencies — vendredi. Le versant pop de la house européenne, pensé pour chanter à ciel ouvert.
- Peggy Gou — samedi. Une DJ devenue star mondiale, entre house des années 1990, electro et grands refrains.
- Chris Stussy — samedi. Le swing minimal et les basses roulantes dans un format de festival.
- Purple Disco Machine — samedi. Disco, voix et production contemporaine réunis dans un catalogue déjà très large.
- John Summit — samedi. Pour comprendre l’efficacité actuelle de la tech house à l’échelle d’une foule.
- Dabeull — samedi. Une parenthèse funk qui replace les instruments et le boogie au cœur de la danse.
- Sasson b2b Nico de Andrea — samedi. Un b2b français tourné vers l’afro et la melodic house.